Qui sommes-nous ?

Le site “MoiAussiAmnesie” est destiné aux victimes d’amnésie traumatique partielle ou totale liées à des violences sexuelles.

Nous souhaitons d’abord offrir un espace de ressources, de partages et d’expression aux victimes.

Par le biais d’articles, d’études ou de témoignages entre autres, ce site a également pour vocation de sensibiliser la société à ce processus de l’amnésie traumatique encore trop ignoré en France et dans le monde malgré l’ampleur des violences sexuelles et la gravité et fréquence du phénomène.

Selon l’association Mémoire traumatique et victimologie présidée par la Dre Muriel Salmona, pionnière en France et experte de ce sujet, l’amnésie traumatique touche 40% des victimes de viols mineurs et peut durer jusqu’à plus de 40 ans. Le manque d’information génère de l’incompréhension quant à ce phénomène et donc de l’isolement pour les victimes qui sont souvent mal prises en charge sur le plan thérapeutique. Nombreuses sont celles ou ceux qui préfèrent alors se taire, craignant de n’être pas crus ou mal jugés.

Notre action vise par ailleurs à progresser vers la reconnaissance juridique de l’amnésie traumatique. Nous souhaitons amener le législateur à inscrire ce processus comme un « obstacle insurmontable » suspendant le délai de prescription, ce qui permettrait ainsi aux victimes de déposer plainte lorsque surgissent les souvenirs. Et ceci indépendamment d’une imprescriptibilité pénale que nous soutenons également. Nous considérons en effet que l’amnésie traumatique doit être reconnue en tant que telle ce qui ouvrirait également la voie à une meilleure prise en charge. Le 27 mars 2018, une première étape a été franchie par l’adoption d’un amendement allant dans ce sens au Sénat

Enfin, ce site est ouvert à vos témoignages, la clé de toute notre action. C’est par vos mots, vos explications, vos parcours, votre expérience que le mécanisme sera davantage connu, accepté et donc reconnu. Nous sommes conscients que témoigner sur des parcours d’amnésie traumatique est un acte de courage. L’amnésie, cette conséquence psychotraumatique des violences (ici sexuelles) vole le récit et donc l’identité de l’individu qui en souffre. Ce qui rend le témoignage d’autant plus compliqué à mettre en forme, d’autant plus déstabilisant à livrer.

Nous remercions donc les personnes qui ont déjà eu le courage de nous confier leur récit et par avance celles et ceux qui le feront.

Enfin, pour inscrire notre action dans la vraie vie, nous mettons en place les premiers groupes de parole de victimes d’amnésie traumatique suite à des viols en France pour aider au partage, à l’échange afin d’aider certains et certaines à sortir de la solitude.

Bien entendu l’amnésie traumatique est un mécanisme qui peut être déclenché par d’autres types de violences que les violences sexuelles. Mais il apparaît que que les personnes victimes de violences sexuelles et d’amnésie traumatique sont suffisamment nombreuses et partagent un vécu suffisamment complexe et similaire pour justifier ce rassemblement, ce site et notre engagement.

Le temps de l’isolement et de la survie pour les victimes doit être révolu. Les outils thérapeutiques existent et ils sont très efficaces seulement les structures, les institutions et politiques publiques sont encore très en retard sur la question.

L’heure est à la solidarité entre tous les acteurs de la société civile qui peuvent contribuer à la reconnaissance et aux soutiens des victimes pour qu’elles puissent enfin reprendre le cours de la vraie vie.

L’équipe de “MoiAussiAmnésie”.


L’équipe de “MoiAussiAmnésie”

 

Mié Kohiyama, 46 ans.

Je suis journaliste et l’auteur du premier témoignage écrit sur l’amnésie traumatique en France: “Le petit vélo blanc” (Calmann-Lévy, 2015) écrit sous le pseudo de Cécile B. Victime de viols à l’âge de 5 ans, j’ai subi 32 ans d’amnésie traumatique, avant que les souvenirs explosent à ma conscience en 2009. J’ai mené la première procédure en France jusqu’en Cour de cassation en 2013 pour tenter de combattre en vain le classement sans suite de mon affaire et pour faire connaître la question de l’amnésie traumatique.

Cette bataille est ensuite devenue politique, sociétale et surtout collective. Nous sommes nombreux à souffrir de l’amnésie traumatique suite à des viols. Aujourd’hui, j’ai envie de consacrer mon énergie et mon engagement à mettre en lien les victimes qui souffrent souvent d’isolement, à mieux faire connaître l’amnésie traumatique et à continuer de solliciter nos responsables politiques dans le but qu’ils légifèrent un jour.

Pour en savoir plus : (A venir) ici mon parcours plus en détail

Mon twitter : @MiKohiyama

Quelques belles citations :

« Qui répondrait en ce monde à la terrible obstination du crime, si ce n’est l’obstination du témoignage? » Albert Camus, Les Justes.

« A énergie égale, la vérité l’emporte sur le mensonge » Albert Camus, Lettres à un ami allemand.

« C’est parce que nous avons un sentiment aigu de ce qui est irréparable, que notre lutte garde autant d’amertume que de confiance », Albert Camus, Lettres à un ami allemand.

« Nous serons vainqueurs grâce (…) à cette souffrance dont nous avons senti l’injustice et tiré la leçon », Albert Camus, Lettres à un ami allemand.

Je vous propose quelques liens de mon activité au travers des médias :

– Ma tribune sur “Le Monde” : « Contre le viol d’enfants, faisons entrer l’amnésie traumatique dans la loi »

– Émission de public Sénat :  Viols sur mineurs : vers une évolution de la loi ?

– Émission sur France Inter : Faut-il allonger la prescription pour les viols d’enfants ?

– Une fiche sur mon livre : premier témoignage écrit sur l’amnésie traumatique en France

– Interview Europe 1: L’amnésie traumatique après “l’affaire Villefontaine”

 

Natacha, 37 ans.

Je travaille dans l’informatique (développement de logiciels, sites internet, formations…). J’élève aussi des chevaux de sport pour le concours hippique. Victime de viols à l’âge de 16 ans, j’ai souffert d’amnésie traumatique partielle durant 19 ans jusqu’en octobre 2017. Ne connaissant pas l’amnésie traumatique, j’ai traversé toutes ces années en pensant que j’étais seule dans ce cas.

Je souhaite aujourd’hui m’engager pour faire connaître son existence au plus grand nombre et faire savoir aux victimes qu’elles ne sont plus seules. Je soutiens également le combat que mène Mié Kohiyama depuis plusieurs années afin que l’amnésie traumatique soit reconnue dans la loi.

Mon twitter : @onlygold20

Mes articles ou témoignages:

Voici mon témoignage sur l’amnésie traumatique.

Mon article sur la difficulté à porter plainte : “Je me souviens tout juste. Je voudrais simplement du temps

Mon témoignage contre le soi-disant risque “d’épidémie de faux souvenirs”

 

 

Valérie Temprement, 42 ans, 2 enfants, 3ème vie professionnelle

En 2013, je suis sortie de 22 années d’amnésie traumatique le jour où le souvenir d’un viol subi à 16 ans a ressurgi.

Cette réminiscence m’a permis de remettre les évènements à une place juste dans mon histoire, de mieux comprendre l’enchaînement de certaines situations et les difficultés psychologiques traversées,

Ce travail a sensiblement modifié ma manière d’être au monde, une partie de moi -non reconnue par moi jusqu’alors- étant intégrée.  Le chemin vers cette intégration fut long, chaotique, bouleversant et très solitaire malgré la présence d’un entourage aimant et l’accompagnement de professionnels de santé incroyables.

Mon engagement dans le groupe MoiAussiAmnésie est double : d’une part, je souhaite apporter aux autres victimes un soutien essentiel dans ce parcours de reconstruction délicat ; d’autre part je souhaite participer à faire bouger les choses au niveau politique afin que ce trouble soit enfin reconnu par la loi et mieux pris en charge dans un parcours de santé.

Mon témoignage.

 

Samir, 32 ans

J’ai fait des études de droit & politique internationale et porte un fort intérêt pour la psychologie au sens large.

Je n’ai pas été victime de violences sexuelles mais par des lectures sur la question et une rencontre j’ai pu voir les très graves conséquences que pouvait provoquer ce genre de violence sur l’identité et la construction de l’individu victime. Avec (notamment) le phénomène de l’amnésie traumatique, partielle ou totale, de l’agression.

L’autre point, d’ordre sociétal, auquel la Dre Muriel Salmona m’a sensibilisé par son action est l’indifférence dans laquelle les victimes peuvent être plongées ; le phénomène de l’amnésie traumatique relatif aux violences sexuelles est méconnu et très souvent les victimes n’ont pas accès aux soins et à l’information que leur état de santé nécessite. La justice, quant à elle, ne prend absolument pas en compte l’amnésie traumatique.

Je m’engage avec le groupe « MoiAussiAmnesie » pour participer à une meilleure reconnaissance des victimes et combattre l’isolement dans lequel elles sont plongées à la fois par leurs psychotraumatismes, mais aussi par la société.

J’éprouve pour les victimes une sincère empathie et une profonde révolte face au déni actuel de la société.