Chers amis,

Il me semble aujourd’hui utile de faire un point sur les sombres coulisses de la bataille que nous menons tous ensemble pour la reconnaissance de l’amnésie traumatique en lien avec des violences sexuelles et ce, pour montrer la réalité de ce que signifie se battre pour une vérité qui dérange.

Depuis que nous avons rendu public notre combat pour l’introduction de l’amnésie traumatique dans la loi et avons été quelque peu médiatisés, toutes sortes d’attaques immondes sont venues de toutes parts.

J’ouvre ici une parenthèse importante pour rendre hommage à la Dre Muriel Salmona, notre référence à tous sur le psychotraumatisme et la mémoire traumatique, car elle subit ce type d’attaques depuis qu’elle s’est lancée dans ce combat c’est-à-dire depuis plus de 20 ans. C’est donc avec un immense respect pour sa solidité et sa détermination ainsi qu’avec humilité que nous évoquons ce qui nous concerne.

Nous avons essuyé des agressions constantes sur les réseaux sociaux d’hommes et de femmes, se présentant parfois comme des universitaires, chaque fois sur un ton arrogant, méprisant, dénigrant et cynique.

Nous avons essuyé une véritable campagne d’anéantissement par un psychiatre qui a tenté de faire revivre la théorie anti-victimaire des faux souvenirs et ce devant les élus de la République. Quand je parle de « campagne », ce Monsieur a non seulement distillé son poison oralement mais aussi dans des écrits et des articles.

Nous avons aussi essuyé des attaques personnelles immondes. Et en particulier Natacha Bras, qui est un des piliers de notre action et vice-présidente de notre association. Natacha a été victime d’amnésie traumatique suite à des viols qu’elle a subis à l’adolescence. Des êtres abjects se sont permis d’utiliser des éléments de son témoignage pour tenter de la déstabiliser avec des allusions pornographiques écœurantes. De façon lâche car par messages privés sur Twitter.

Que l’on s’en prenne ainsi à mon amie m’est absolument intolérable et c’est la raison qui me pousse aujourd’hui à révéler publiquement ces détails sordides, et également au titre de présidente de l’association « MoiAussiAmnesie».

Quel est le fond du problème? Notre combat pour la reconnaissance de l’amnésie traumatique dérange un certain nombre de personnes et notamment les agresseurs. Pourquoi? Car l’amnésie traumatique est un des piliers de l’impunité des pédocriminels. Quand des criminels s’en prennent à des enfants, ils savent pertinemment que leur cerveau va disjoncter et qu’ils vont être muselés, réduits à néant pendant des années…

Si le législateur approuve notre demande de faire de l‘amnésie traumatique un élément suspensif de la prescription et ainsi permettre aux victimes de déposer plainte quand resurgissent les souvenirs, de nombreux agresseurs vont sentir le sol trembler sous leurs pieds. Grand bien leur fasse…

Face à cette « bombe atomique », les agresseurs mettent en place toutes sortes de stratagèmes visant à nous dénigrer ainsi que nos alliés, dénigrer notre combat et mettre en doute de l’amnésie traumatique.

Campagne ridicule et minoritaire face à: l’ensemble du gouvernement et des deux Assemblées qui reconnaissent l’amnésie traumatique, de multiples études cliniques, l’inscription au DSM V, moult témoignages de personnalités aussi telles que Flavie Flament, Page Andréa Bescond, Adélaïde Bon…etc et tous les anonymes. Campagne qui reste néanmoins d’une agressivité et d’une mauvaise foi terribles.

Face à l’évidence, certains s’entêtent encore à nier la vérité. Un peu comme aux temps anciens des débats autour de la rondeur de la terre ou même plus récemment sur le sida.

Ce combat mené dans cette atmosphère de dénigrement permanent nous a affectés en ce sens qu’elle a été génératrice de tensions entre nous. De mots malheureux, d’agressivité parfois…

Mais malheureusement pour les agresseurs et autres sceptiques, ces attaques ne nous ont pas anéantis et ont au contraire renforcé nos liens, notre solidarité, notre amitié, nos appuis, notre conviction que nous menons un combat juste, nécessaire et crucial.

Depuis un certain temps, l’association « MoiAussiAmnesie » reçoit aussi énormément de demandes de victimes d’amnésie traumatique auxquelles nous tentons de répondre au mieux. C’est pour elles que nous nous battons. Elles qui si longtemps sont restées enfermées dans le silence, la honte, la culpabilité, le trou noir….

A tous ceux qui s’en prennent à nous: RIEN ne nous arrêtera. La vérité est en marche…Inéluctable. Même après nous, d’autres gens courageux reprendront le flambeau. Un jour, bien après la reconnaissance officielle de l‘amnésie traumatique dans la loi, tous ces faux débats et autres attaques paraîtront ridicules, nuls et non avenus.

Excellent dimanche à tous,

Fuerza et solidarité,

Mié Kohiyama pour le groupe « MoiAussiAmnesie ».

Cliquez sur ce lien pour voir quelques une de ces attaques

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